Site de fanfic Index du Forum
Site de fanfic
Site de fictions faites par des fans pour des fans
 
Site de fanfic Index du ForumFAQRechercherMembresGroupesProfilS’enregistrerConnexion

[HISTOIRE] Extrait de mon 2e roman "SECOND BREATH"

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Site de fanfic Index du Forum -> Zone Libre -> Roman -> Histoire
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Heaven


Hors ligne

Inscrit le: 23 Fév 2009
Messages: 91
Masculin Verseau (20jan-19fev) 馬 Cheval

MessagePosté le: Mer 6 Mai - 17:11 (2009)    Sujet du message: [HISTOIRE] Extrait de mon 2e roman "SECOND BREATH" Répondre en citant

Bien, je vous présente donc, non sans une certaine apréhension Noel, le premier chapitre de mon roman post-apocalyptique qui se nomme SECOND BREATH (Second Souffle, je trouvais que ça le faisait mieux en anglais Noel)
J'ai commencé le roman le 17 septembre dernier, donc soyez indulgent étant donné que mon style n'était pas encore aussi affiné qu'à présent, et sur ce qui concerne la physique nucléaire, j'ai fait certaines recherches sur internet mais comme je n'y comprenais presque rien j'ai rapidement laissé tombé (je suis pas en L pour rien hein ?)

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture =)



____________________________________ 
 
 
SECOND BREATH 
 
 
Chapitre I 
 
 
 
 
 
 
 
 
            « C’était le 6 juin 2063. Un samedi je crois, ça fait longtemps que les noms des jours de la semaine n’ont plus vraiment raison d’être. »
 

            Le soleil était écrasant ; la couleur du ciel était située entre un gris et jaune pâle. Le sol était jonché de débris diverses, voitures, ruines d’anciennes maisons, et plus loin on apercevait des villes dont les gratte-ciels en ruines dominent encore le paysage.
Ces villes sans doutes destinées à devenir des cités cyclopéennes ne sont plus que vestiges poussiéreuses, sans véritable intérêt à part peut-être celui d’y squatter un moment.
Marchant sur l’archaïque asphalte, se tenait un homme.
Il était d’une taille honorable – environs un mètre quatre-vingt – avait les cheveux bruns mi-long coiffés en brosse, une barbe de plusieurs jours, le teint bronzé par les longues marches sous le soleil brûlant, et des yeux d’un gris glacé.
Il portait un pardessus de cuir sombre, avec des épaulettes. Sous ce dernier, on apercevait une chemise noire, un pantalon de camouflage urbain, et il avait des rangers usés aux pieds. Il portait aussi une paire de gants en cuir aux doigts coupés, et avait retroussé les manches de son pardessus ; il avait horreur d’avoir les avants bras couverts.
Ayant laissé ouvert les trois premiers boutons de sa chemise ouverts dans un souci de confort, on y apercevait une plaque d’immatriculation qui scintillait au soleil ; au dessus d’un code barre était inscrit le nom de son porteur : Gregory Marcus Tullian.
Il avait 37 ans et était né dans l’abri n°93 le 30 janvier 2026.
 
 
* 
*          * 
* 
 
 
Il y avait environs un millier d’abris anti-nucléaire aux Etats-Unis, tous construits entre février 1957 et mars 1963 sous la tension de plus en plus vive entre les blocs Est et Ouest.Ce fut la crise des missiles de Cuba qui parvint à trancher l’affaire de la petite guerre froide entre les deux camps.
Les pourparlers n’arrivants à rien à part s’achopper, Kroutchev en eût assez et ordonna à La Havane de bombarder les Etats-Unis pour leur montrer « qui est le chef ».
La réponse ne se fit pas attendre.
Pour résumer la chose, on annonça une alerte rouge mondiale en juin 1964 et on fit remplir leur rôle aux abris fraîchement construits un peu partout dans le monde afin de protéger la population et plusieurs espèces animales.
Les différents abris étant connectés entre eux au niveau de la communication, on pouvait avoir des nouvelles de l’extérieur et de ce qui se passait dans les autres abris en permanence.
Le 25 décembre 1970, après six années d’apocalypse nucléaire, les deux camps signèrent une paix mutuelle ; il n’y eût ni perdant, ni vainqueur.
            Le problème posé alors était les radiations qui régnaient à l’extérieur et l’étanchéité des abris à long terme par rapport à cela.
On se préoccupa alors de fabriquer un dispositif qui permettrait d’«effacer » les radiations. L’idée était d’envoyer d’autres ondes dont la fréquence serait inverse aux autres ; le résultat fut un échec total, et sans parler du moment où il fallut choisir un groupe de volontaire pour faire une expédition à l’extérieur malgré l’endoctrinement du bon fonctionnement des tenues de sécurités.
Cependant, l’échec ne fut pas sans conséquences ; des survivants irradiés jusqu’à l’os se mirent à développer d’étrange mutations, d’après ce que montrait les caméras posées par l’équipe volontaire dans un rayon de 10 km, après la diffusion des ondes négatives.
Finalement, vers le milieu des années 1990, on réussit à mettre au point un système de « restructuration » des atomes ; c’était en gros ce qu’on lui avait raconté en cours, à l’époque.
L’abri était une sorte de gigantesque bunker, fait avec les matériaux d’isolement de dernière pointe de l’époque, et se composait de plusieurs sous-sols.
D’après ce qu’il savait, ils étaient environs 800 dans celui où il était né, et la scolarité se découpait en deux sous-sol : le primaire et le secondaire. On entrait au primaire à 5 ans et au secondaire à 10 ans ; on avait terminé sa scolarité à sa majorité, soit 18 ans.
Tullian s’était ensuite engagé dans les forces de police de l’abri ; ce n’était pas par passion, mais surtout parce qu’il ne se passait pratiquement jamais rien et qu’il y avait vu là la planque idéale ; de plus il excellait plus en ce qui concernait les épreuves de sport, d’athlétisme et autres que les autres matières ; sauf peut-être l’anglais et l’histoire. Les études supérieures avaient un cursus spécial auquel il ne s’intéressa jamais.
Il menait une vie paisible jusqu’à ses 23 ans.
A partir de là, les effets de la dernière tentative de supprimer les traces de radioactivité avaient apparemment portés leurs fruits, et l’abri commença peu à peu à se vider pour s’installer à l’extérieur ; il fut un des derniers à en sortir, à l’âge de 25 ans.
Une fois sortit, il vit que tout autour de son ancien domicile se tenait une véritable petite bourgade. On avait commencé à décontaminer l’eau de la surface – on puisait encore celle des naphtes durant l’isolation – depuis le jour où les premiers « colons » étaient sortis, grâce aux technologies développées dans l’abri.
Les habitations étaient construites sur la base des vestiges des anciennes, avec un peu de rafistolage par ci et là. Il apprit par la suite qu’une centaine d’abris à travers le pays avaient aussi commencé à s’aventurer à l’extérieur.
L’abri le plus proche du leur était situé à une cinquantaine de kilomètres. Dès qu’on eût apprit qu’eux aussi étaient sortis, on avait commencé à faire quelques échanges de ressources, moyennant finances ; même après plus d’un demi siècle sous terre l’argent n’avait pas toujours pas disparu.
La vie commençait à prendre un second souffle, cependant arriva un jour noir ; comme on dit : «c’était trop beau pour être vrai ».
C’était l’automne 2053.
Tullian faisait sa ronde habituelle vers les dix heures du soir, seul, autour de la ville naissante. Il s’apprêtait à rentrer chez lui lorsque l’alerte retentit. Il se précipita immédiatement vers le centre, et pu voir la raison qui avait donner l’alarme.
Un colosse de muscles et de nerfs était en train de tout massacrer autour de lui.
Il devait mesurer dans les deux mètres cinquante, tête chauve et dents acérées que l’on apercevait, comme si il n’avait plus de lèvres, la peau avait pris une teinte jaunâtre, et avait les yeux blancs, injectés de sang ; et le bout de ses doigts étaient pourvus de longues griffes rouges, on aurait dit du sang cristallisé.
D’après ce qu’il compris, on lui avait déjà tiré une bonne salve de balles sans que ça lui fasse grand effet. Tullian se souvint alors d’avoir vu un M72 LAW avec une ou deux roquettes dans le taudis qui faisait office de poste.
Il alla le chercher le plus rapidement qu’il put ; heureusement il n’eût aucun mal à le trouver. Il revint ensuite le plus rapidement possible vers le colosse, cependant il rencontra quelques difficultés en route. En effet, les monceaux de corps qu’il avait répandu un peu partout ne se contentèrent pas de rester morts ; il se tenaient debout, un peu moins d’une dizaine devant lui, - les autres étant occupés à massacrer les survivants – une aura jaune verdâtre émanant d’eux, et poussaient une sorte de râle profond en guise de respiration.
Il déposa sa cargaison au sol, dégaina son Colt M1911A1 et leur tira à la tête, sans prendre le temps de réfléchir. Il reprit ensuite le M72 LAW et ses deux munitions, puis se dirigea en se guidant grâce aux hurlements que poussaient les gens, et le monstre. Lorsqu’il le trouva, ce dernier était en train de s’approcher de l’abri anti-nucléaire. Tullian n’hésita pas, il chargea le M72 LAW et tira sur la chose ; ça fit son petit effet.
A moitié réduit en charpie, le colosse s’écroula en poussant un râle guttural.
Tullian laissa tomber le lance-roquette, et regarda autour de lui ; il devait rester tout au plus une centaine de survivants, sur les 750 qu’il y avait au départ, cette chose avait été un véritable génocide ambulant, même les zombies nés par la suite n’en avaient pas fait autant !
Les survivants commencèrent à se regrouper pour pénétrer dans l’abri ; d’autres zombies se ramenaient de partout. Tullian ne se fit pas prier et rentra à son tour. A l’intérieur, une équipe de médecins et de scientifiques se préparaient déjà à faire de courts examens.
Une dizaine de personnes furent éjectées à l’extérieur ; on avait trouvé sur eux des traces de morsures humaines, et on redoutait une contamination.
Cette situation dura un an.
On testa divers vaccins grâce à des souches collectées sur les cadavres à l’extérieur, mais sans aucun résultat. Au contraire, les cobayes contractèrent à leur tour une mutation qui leur fit pousser des excroissances sous les bras, ressemblant vaguement à des tentacules munies de serres, et développa leur musculature au point que leur peau se déchira sans pouvoir se reformer.
Vers la fin de l’année qui suivit celle du retour dans l’abri, l’un d’eux s’échappa.
Ce fut un massacre total, ceux qui étaient simplement blessés ne tardèrent pas à leur tour de devenir une de ces monstruosités. Tullian ne survécu que par miracle.
Profitant de la confusion générale, il commença par faire sauter le laboratoire qui était a l’avant dernier sous-sol, et collecta des armes dans l’armurerie ; une réplique d’un Single Action Army en parfait état de fonctionnement, et un fusil à pompe Benelli.
Il avait aussi pris une charge de C3 – une des dernières nouveautés avant la guerre – et la plaça à l’entrée qu’il condamna une fois sortit en faisant sauter le tout.
Se souvenant des zombies, il regarda tout autour de lui, puis couru à toutes jambes, le plus loin qu’il put en prenant soin de regarder si une quelconque créature le suivait.
Il ne sut vraiment combien de temps il courut cette nuit-là ; mais même une fois complètement éreinté, il se forçait à continuer avant de s’effondrer d’épuisement dans une petite maison décrépite, peu avant l’aube.
Lorsqu’il se réveilla, il regarda sa montre et vit que l’après-midi était déjà bien avancé.
Il repartit de son refuge éphémère. Quelques kilomètres plus loin, il était arrivé dans une ville, protégée par des portes en fer rouillé, et par des palissades de la même matière.
Ne sachant comment il pouvait rentrer, il se tint devant la porte et frappa plusieurs fois avec le poing. On vint lui ouvrir quelques instants après.
Le portier était aussi apparemment celui qui faisait régner la loi dans cette ville.
Tullian se présenta sommairement. L’autre sembla le croire, et lui indiqua rapidement les points de repère et les lieux importants de la ville, après quoi il retourna vaquer à ses occupations.
Les rues étaient pour la plupart dévastées, bien que l’on pouvait remarquer un certain travail de déblaiement. Les maisons étaient pour la plupart retapées à la va-vite mais cela paraissait tout de même solide.
Tullian se dirigea vers ce qui semblait être un bistrot.
Il n’y avait pas grand monde à l’intérieur ; quatre personnes.
Il se dirigea vers le comptoir où une serveuse essuyait un verre. Elle s’interrompit lorsqu’elle le vit s’asseoir.
-         Qu’est-ce que vous voulez boire ? lui demanda-t-elle.
-         Qu’est-ce que vous avez ? demanda Tullian.
Elle fit une légère moue.
-         Pas grand-chose ; de l’eau, du whisky, de la vodka et un peu de rhum blanc ; c’est tout.
-         Va pour le rhum, répondit Tullian d’une voix extenuée.
La serveuse le toisa du regard tout en le servant. Une fois qu’elle lui posa le verre devant lui, il posa une question.
-         Depuis combien de temps ce bled existe ?
-         Un peu plus de deux ans il me semble, lui répondit-elle en reprenant sa tâche d’avant. D’où venez-vous ?
-         De l’abri 93 ; à environ une centaine de kilomètres d’ici, dit-il en buvant une gorgée de son verre.
Elle s’interrompit une nouvelle fois dans son essuyage de verre.
-         C’est pas là qu’il y a eu l’attaque des mutants y a quelques temps ?
Tullian leva un œil vers elle.
-         Comment ça se fait que vous soyez déjà au courant ?
-         Un homme est venu ici peu de temps après, et nous a dit être passé par là et avoir vu les restes de ce qu’il s’était passé.
Tullian ne répondit pas. Même après l’apocalypse, les nouvelles ne circulaient pas moins vite qu’autrefois, même s’il n’en savait rien.
-         Et on sait qu’est-ce qui à causé l’apparition de ces trucs ?
Elle le regarda d’un air étonné.
-         Ils sont apparus lors de la première tentative de faire disparaître la radioactivité du pays, l’expérience n’avait rien changé par rapport à ça, mais sur les êtres vivants encore à la surface ça a pas été la même chose…
-         Juste à cause de ça ?
-         Juste à cause de ça.
Constatant qu’il ignorait beaucoup de chose, il préféra se taire pour ne pas se montrer plus bête qu’il le laissait imaginer.
-         Y a-t-il un scientifique ici ?
-         Oui, répondit la serveuse, non surprise par cette question. Quand tu sors, tu suis la rue principale, c’est juste au bout.
Tullian avait hoché la tête, avait payé son verre et sortit du bar.
Il emprunta la direction indiquée, et arriva à destination une dizaine de minutes après environ. Il arriva en face d’une vieille villa, apparemment restaurée il n’y a pas très longtemps. Il marcha droit vers la lourde porte en bois rafistolée par ci et là de morceaux d’acier, et frappa.
On vint lui ouvrir quelques instants après.
Dès le premier coup d’œil, il vit que c’était l’homme qu’il cherchait ; à croire que les scientifiques dégageaient tous la même aura du mec qui a grandi dans une bulle, avec rien d’autre que ses bouquins pour lui tenir compagnie.
L’autre lui demanda ce que voulait Tullian. Ce dernier se présenta sommairement, et donna la raison de sa visite. Le scientifique s’écarta pour le laisser entrer.
Malgré le fait qu’il avait grandi et vécu une partie non négligeable de sa vie dans un des abris ayant une des meilleures capacité scientifique, Tullian avait l’impression de ne rien savoir sur ce qu’était devenu le monde.
Il semblait que le colosse qu’il avait tué et les zombis n’étaient pas les seuls mutants qui hantaient le pays.
La faune avait apparemment elle aussi prit de nouvelles proportions. Bien sûr, il restait toujours des spécimens qui avaient gardés leurs caractéristiques d’antan, mais les autres avaient… changés.
On pouvait donc trouver des crabes ayant la taille d’un gosse de 10 ans, munis de deux paires de pinces, et quelques fois même d’un œil frontal, de reptiles digne du jurassique, et encore bien d’autres.
Quant aux mutations humaines, on n’en connaissait pas beaucoup, en plus du colosse et du zombis, on connaissait un humanoïde dont les muscles avaient déchiré entièrement l’épiderme, et dont les bras étaient munis de tentacules, élastiques selon les quelques témoignages, un autre qui aurait développé tout un exosquelette aussi résistant qu’un blindage de char, et enfin une espèce d’humanoïde dont le corps ressemblerait à celui d’un serpent sous le niveau du tronc.
C’était à peu près tout ce qu’il avait à savoir.
Le scientifique lui demanda alors s’il comptait rester en ville ; Tullian lui répondit négativement. L’autre lui demanda alors ce qu’il avait comme équipement, excepté des armes ou une protection corporelle.
Apparemment, rien, même pas un foutu sparadrap.
Le scientifique se leva et fouilla dans un placard, et en sortit une ceinture munie de plusieurs sacoches, dans lesquelles il plaça des antiseptiques, pansements, et autres.
Il lui fournit aussi un indicateur de radiations, se présentant sous la forme d’une montre bracelet.
Apparemment la radioactivité n’avait pas encore entièrement disparue en ce monde.
Tullian le remercia chaudement, puis partit. Il demanda avant où pouvait-il passer la nuit, on lui répondit que le bar où il était auparavant faisait aussi office d’hôtel.
Il s’y rendit une nouvelle fois.
La chambre coûtait dix dollars la nuit, payable d’avance. Il tendit un billet à la serveuse qui semblait en fait être la propriétaire des lieux, et reçu en échange une clef rouillée et l’indication de l’emplacement de la chambre.
-         Premier étage, deuxième porte à gauche.
Tullian hocha la tête, puis monta les escaliers.
Il trouva sa chambre sans difficulté. Il fit tourner la clef dans le verrou, et entra.
La chambre était assez minable ; les murs étaient pratiquement nus si on faisait exception de l’impression de rouille qu’ils dégageaient, le lit était au centre, les draps apparemment sales et disposés négligemment ; enfin, il y avait une fenêtre rendue complètement opaque par la crasse accumulée par les années.
Il s’allongea précautionneusement sur le lit, craignant de le voir céder sous son poids, puis dormi le reste de la journée.
            Le lendemain, il s’interrogea sur son avenir.
L’abri où il était né et où il avait grandi n’existait plus, et il ne se voyait pas vivre dans ce bled pourri non plus.
Il devait trouver quelque chose.
Ce quelque chose lui vint lorsqu’il se baladait en ville. Il tomba sur une affiche. Celle-ci recrutait des hommes pour lutter contre une probable insurrection de mutants près de l’abri 101, à une centaine de kilomètres de là ; l’affiche datait de deux jours, si on se référait à la date écrite sur le papier jaunâtre morcelé par endroits. On pouvait encore y lire une adresse où l’on pouvait obtenir plus de renseignement.
Il s’y dirigea.
Apparemment il s’agissait d’un ancien commissariat, avec quelques deux ou trois personnes qui s’en occupaient, des mecs entre 30 et 50 ans.
Il s’approcha de celui qui était le plus proche, et lui demanda comment il pouvait rejoindre l’abri en question, et par quels moyens la ville avait pu être au courant de la situation.
L’autre sembla ricaner de son ignorance, puis fouilla dans son bureau et lui passa un cellulaire, à peu près semblables de ceux que l’on développait à la fin de la guerre froide. Tullian avait compris que leur fabrication avait continuée et qu’ils s’étaient rapidement diffusés.
L’autre lui donna ensuite un écusson en aluminium représentant un M majuscule dans un cercle.
Il était devenu officiellement un mercenaire.
Le shérif lui expliqua ensuite sommairement le fonctionnement du cellulaire, lui indiqua son numéro, et lui donna plus d’amples informations sur le contrat. D’après différents rapports des sentinelles de l’abri, des mutants s’y rassemblaient à une dizaine de kilomètres, on avait donc envoyé plusieurs messages de demande de renforts d’urgence, moyennant finance bien sûr pour ceux qui le souhaitaient. Cela expliquait pourquoi il était devenu mercenaire sans vraiment le vouloir ; l’affiche, proposant directement la somme promise, ne semblait s’adresser qu’à eux ; mais il ne s’en plaignait pas, il avait enfin trouvé un mode de vie qui semblait lui convenir.
Lorsqu’il se rendit sur les lieux – il avait traversé entre-temps différentes villes abandonnées et pu agrandir son stock d’arme, il acquis un AK-47 ainsi qu’un Single Action Army auquel il ne put résister, les revolvers étant ses armes favorites – il y avait un véritable état de siège.
De véritables murs d’acier toisaient l’horizon chaotique, un reste d’autoroute à une centaine de mètres de la forteresse de fortune. Il vit au loin une masse noire qui s’approchait, d’où s’entendait une horrible clameur démentielle ; un mélange de cris, de chants et d’espèce de langage inarticulé.
Il parvint à ce qui ressemblait à une porte gigantesque avec deux battants. Sur ce qui semblait être un semblant de rempart, quelques hommes se tenaient et lui demandèrent de décliner son identité, ce qu’il fit, puis on le laissa entrer.
Il se trouva devant un garde en camouflage urbain qui lui fit signe de le suivre et le mena dans un bureau construit avec quelques grossières planches de bois soutenues par des poutres qui semblait être du même acier que celui des portes. A l’intérieur il y trouva un autre homme en camouflage urbain qui leva les yeux lorsqu’il entendit Tullian arriver.
-         Alors, c’est vous le mercenaire qu’on nous à envoyé, dit-il. Il y en aura au moins eu un.
-         Qu’est-ce que je vais devoir faire ? demanda Tullian.
-         Le même truc que les autres, lui répondit l’autre. Va voir le sergent là-bas, il te donnera de plus amples détails, ajouta-il en désignant une tente kaki.
Tullian hocha la tête, et prit la direction de ladite tente, et se fit aborder indifféremment par le sergent, ce dernier étant absorbé par de la paperasse étalée nonchalamment sur une antique table de camping rouillée.
-         Renfort ? dit-il en jetant un rapide coup d’œil. T’arrives juste à temps pour ce qui va peut-être être ta dernière nuit.
-         Cool…, répondit Tullian. Et à part ça, je vais faire quoi ?
Le sergent ne répondit pas immédiatement, trop prit dans ses affaires, puis fit un tas avec les feuilles qu’il venait de lire, et répondit à Tullian.
-         T’auras qu’à jeter des coups d’œil de temps en temps, histoire de voir s’ils attaquent en avance, de toute façon, je vois pas ce qu’il y a d’autre à foutre.
Tullian comprit que l’entretien était terminé, et s’apprêtait à sortir lorsque l’autre reprit une dernière fois la parole.
-         Et va faire un tour à l’armurerie, vu ton équipement, ça te ferais pas trop de mal.
Tullian jeta un rapide coup d’œil sur son équipement qu’il avait récupéré lors de sa fuite de son abri, et il était vrai qu’excepté le revolver, les autres armes n’étaient pas au top de leur forme à cause de l’usure du temps et de leur rare utilisation, elles pouvaient s’enrayer plus facilement que ce que l’on pouvait croire.
Il trouva à l’armurerie un Colt 45. presque neuf, qu’il remplaça aussitôt contre celui qu’il possédait depuis sa fuite, ainsi qu’un M203, un fusil d’assaut muni d’un lance-grenade, qui avait été développé à la fin de la guerre.
Bien que les dates d’invention de ces armes remontent à longtemps, on en avait recommencé la fabrication il y a un an, lorsque les réfugiés s’établirent à l’extérieur, dont la population était essentiellement des militaires. On avait placé dans l’abri tout le nécessaire à la fabrication d’armes en série dès sa construction, au cas où le pays se ferait envahir ; le nombre des abris semblables à celui-ci était de plus d’une centaine d’après ce que dit l’armurier à Tullian.
Il fit ensuite quelques rondes autour des fortifications de fortune. Il comptabilisa une trentaine de soldats, et une centaine d’hommes et de femmes lorsqu’il se rendit en coup de vent à l’intérieur de l’abri. Si les mutants arrivaient à prendre le dessus à l’extérieur, il était sûr que ce complexe se verrouillerait d’une manière ou d’une autre. Il ne resta pas longtemps à l’intérieur ; il y alla juste pour se restaurer et prendre quelques médicaments, pour la suite.
Le crépuscule finit enfin par tomber. Tullian monta sur un échafaudage et put contempler l’horizon par-dessus les remparts. Au loin, il voyait une masse noire s’approcher, c’était eux. Il tenta de les dénombrer, mais ils étaient encore trop loin pour lui permettre ne serait-ce que en déceler quelques uns, pour l’instant on aurait dit qu’il s’agissait une vague de cendre cosmique qui s’approchait d’eux, et d’après la vitesse à laquelle ils approchaient, Tullian en déduisit qu’ils marchaient, simplement.
Il redescendit et demanda au premier soldat qu’il rencontra où pouvait-il trouver une paire de jumelles. Le soldat en avait une sur lui et la lui donna sans hésitation.
-         Ils arrivent, c’est ça ? demanda-t-il.
-         Oui, répondit Tullian d’un ton neutre en prenant la paire de jumelles. Ils seront là d’ici une heure environ.
Le visage du soldat prit une teinte blafarde ; il hocha la tête et marmonna qu’il allait avertir son supérieur. Tullian le regarda partir puis remonta à son poste d’observation. Les mutants n’avaient pas accéléré leur approche ; Tullian prit et pointa les jumelles en leur direction, d’après ce qu’il pouvait voir, il estimait qu’ils étaient un peu moins d’une cinquantaine, parmi eux, des mutants tels que celui qui avait massacré les membres de l’abri 93, ainsi que ce qui semblait être des zombis, sauf que ceux-ci dégageaient une lumière bleue à travers leurs orbites, narines, et bouche.
Il ôta ses jumelles et alla voir le sergent, qui était en train de donner des ordres à ses soldats. Tullian attendit qu’il eut terminé, puis lui demanda si on disposait de fusils de précision ainsi que de lance-roquettes ou bazookas.
-         Vous inquiétez pas, répondit le sergent. J’ai déjà pris ces mesures-la. Des hommes les bombarderont dès qu’ils seront à 500 mètres de l’abri ; lorsque leurs rangs seront éclaircis, les snipers feront le reste.
-         Y aura-t-il des hommes pour défendre l’entrée dans le cas où ils parviendraient jusqu’à nous ? insista Tullian.
-         Aucune chance qu’ils arrivent jusqu’à la porte ! Maintenant allez prendre un fusil et placez-vous là-haut !
Tullian se résigna et obéit. L’armurier lui refila un antique Garand M1, cependant il s’estima chanceux lorsqu’il remarqua que certains étaient armés d’un Springfield M1903, il se demanda vaguement si ceux-ci pouvaient toujours marcher…
Il se rendit avec d’autres sur un rempart. Les mutants étaient quasiment à 500 mètres d’eux. Au loin, il entendit le sergent gueuler l’ordre de faire feux à ceux qui avaient lance-roquettes et bazookas. L’effet ne se fit pas attendre ; en quelques temps, il semblait que la moitié des mutants étaient morts, cependant l’autre moitié ne se découragea pas pour autant ; Tullian reprit ses jumelles et vit que les survivants couraient droit vers eux. Le second ordre du sergent se fit entendre ; Tullian ainsi que les autres empoignèrent leurs fusils, et s’apprêtèrent à faire feux.
En visant grâce à la lunette de son fusil, Tullian remarqua une chose déconcertante, qui vint bientôt à l’effrayer ; les mutants tels que celui qui avait décimé son abri d’origine étaient armés, et de ce qui semblait être, ou avoir été, des prototypes d’armes ressemblant à des tourelles telles que celles que l’on trouvait sur les avions ou hélicoptères de l’armée, pendant la guerre. Mais ces tourelles la n’étaient pas à l’identique ; les canons étaient plus courts, et plus gros. D’autres étaient même armés de lance-roquettes. La réponse à l’attaque de l’abri ne se fit pas attendre…
Tullian avait compris dès le premier coup d’œil ; il abattit celui qu’il avait visé, puis hurla aux autres de descendre le plus vite possible ; les balles provenant des tourelles des mutants ainsi que leurs roquettes fusèrent bientôt de partout. Un rempart à une dizaine de mètres de celui où était Tullian explosa bientôt, tuant cinq hommes par la même occasion ; l’ouverture laissait vomir plusieurs dizaines de zombies et d’autres super mutants.
Les zombies déambulaient de manière horrible, la plupart étaient entièrement nus, la chair putride brûlée par les radiations, il ne subsistait qu’une mince pellicule de chair tenant sur les os. Sachant qu’ils pouvaient contaminer les autres s’ils les mordaient, Tullian en tua le plus possible dès qu’il les vit entrer, mais ils étaient bien plus résistants que leur apparence démembrée ne voulait le faire croire. Il ordonna à un soldat qui se trouvait à côté d’envoyer ses grenades en leur direction, et lui dit de faire passer l’avertissement sur le danger de contamination. Le soldat hocha la tête, puis Tullian le laissa pour se rendre vers l’armurerie ; il lui fallait des explosifs.
Il restait à peine cinq grenades, mais en revanche il eut la surprise de découvrir plus d’une vingtaine de bâtons de dynamite. L’armurier étant sur le champ de bataille, il ne put savoir comment on avait pu en fabriquer, mais pour l’heure, peu lui importait, il fallait se débarrasser de ces saloperies le plus vite possible !
Il ressortit, à l’extérieur le combat avait viré au carnage ; les super mutants étaient parvenus à détruire une bonne partie des fortifications, mais heureusement il semblait qu’il n’en restait plus avec des explosifs. Tullian remarqua aussi que des soldats avaient été contaminés, la lueur bleue jaillissait des orifices du visage comme si elle essayait de l’exploser ; et leur chair se putréfiait à vue d’œil, pour bientôt ressembler à celle de leurs géniteurs.
Sans attendre plus longtemps, Tullian prit le briquet dans une de ses poches, alluma un bâton de dynamite, et le lança là où il voyait le plus de mutants. Le résultat escompté fut à la hauteur de ses espérances. Il en jeta d’autres là où il voyait d’autres rassemblements de monstres, puis dégaina son M203 et chargea le compartiment à grenade, et se lança dans la rage du combat.
Il devait rester une vingtaine de mutants, d’après les calculs sommaires de Tullian. Il gratina le premier super mutant qu’il rencontra d’une grenade, qui réduit ce dernier à l’état de bouillie informe et écarlate, répandant sang et tripes tout autour d’elle.
Il restait encore la majorité des soldats en état de se battre, mais la plupart d’entre eux se faisaient bêtement tuer par leurs anciens camarades zombifiés, croyants que ceux-ci étaient toujours les mêmes. Heureusement ils comprirent vite ce qui s’étaient opérés en eux et ne tardèrent plus à tenter l’insensé.
A la fin, vers minuit, Tullian tua le dernier des super mutants. On passa le reste de la nuit à passer tout le secteur au peigne fin, puis on brûla les cadavres au lever du soleil, les blessés étaient confinés à l’infirmerie de l’abri. Lorsque tout fut enfin terminé, Tullian se renseigna sur le sergent ; on lui apprit qu’il était toujours vivant, en pleine forme même, et qu’il était en ce moment dans sa tente. Tullian s’y rendit et l’y trouva, ce dernier était d’ailleurs de bonne humeur et sourit lorsqu’il vit Tullian entrer à l’intérieur.
-         Ah, mercenaire, dit-il. On vous doit une fière chandelle pour le coup de la dynamite hier soir ! On a pu se débarrasser d’un coup d’une bonne dizaine de ces ordures !
-         Je viens pour mon salaire, répondit Tullian d’un ton neutre.
-         Ah ! Oui, bien sûr… c’est la seule chose qui semble vous motiver, vous, mais au moins ça marche…, dit le sergent en se dirigeant vers un coffre en acier derrière lui.
Il l’ouvrit et en sortit une liasse de billets, les compta, puis revint vers Tullian.
-         2.000 dollars ainsi qu’une prime de 1.000 dollars, dit le sergent en les tendant à Tullian.
-         Bien, répondit celui-ci. Vous sauriez où je pourrais trouver un autre contrat ?
-         Non, mais vous pouvez toujours tenter à Coverstone, c’est un petit patelin situé à une cinquantaine de kilomètres de là, à l’Ouest, vous y trouverez peut-être quelque chose.
Tullian hocha la tête en signe d’acquiescement, puis partit.
Une cinquantaine de kilomètres… Cela correspondait à deux jours de voyages s’il prenait le temps de dormir un peu la nuit…
Tullian quitta l’abri, et se mit en route vers l’Ouest. Il avait à présent une nouvelle vie devant lui, une vie faite de contrats, de balles, de mort, de sang ; celle qu’il avait passée à l’abri 93 était révolue, il pouvait juste l’enterrer dans un coin sombre de son esprit.
 
 
* 
*          * 
* 
 
 
On était en milieu d’après-midi et il marchait ainsi depuis l’aube, ayant juste fait une pause vers midi pour manger quelque chose.Il avait entendu quelque part qu’une « ville » en plein essor se tenait à l’Ouest, dans l’Arkansas. Si on se fiait aux dires du dernier bui-bui qu’il avait visité, on y trouvait facilement de quoi s’armer depuis qu’une troupe de mercenaires s’y était installée, au début du printemps.
C’était en Alabama, il a deux semaines, qu’il avait entendu cette rumeur ; il s’était assuré auprès de celui qui la propagea le premier de l’authenticité de la chose puis était partit le lendemain matin.
Cela faisait deux jours qu’il était entré dans l’ancien Etat du Mississipi, et à peu près une semaine qu’il n’avait pas croisé âme qui vive ; seulement des ruines où le no man’s land total. Il décida de faire une petite pause. Il prit la gourde accrochée à sa ceinture et but une gorgée d’eau, sur les trois qu’il avait embarquées, c’était la dernière. Heureusement il lui restait moins d’une trentaine de kilomètres à parcourir avant d’arriver à sa destination, ce qui voulait dire qu’il pourrait arriver à « bon » port le lendemain vers le milieu de l’après midi, ou en début de soirée.
Autour de lui se dressait les restes de ce qui semblait avoir été un village à une époque oubliée. Il s’était assis sur les restes d’un banc de granit noirci par le temps. Quelques murs de maisons tenaient encore debout ; certaines avaient même une partie de leur toit, mais en les voyant, Tullian devina qu’il ne faudrait pas grand-chose pour les voir s’effondrer.
Il avala une autre gorgée d’eau puis se releva. La chaleur était écrasante, et en secouant sa gourde il se demanda s’il lui resterait vraiment assez d’eau pour une journée de plus…
Il la repassa dans sa ceinture puis se remit en marche. Traverser les villes fantômes ne lui plaisait pas ; deux fois sur trois il se retrouvait bloqué par des mutants affamés, heureusement ce n’était jamais du gros calibre, en général c’était soit des zombies, soit des goules puantes sautant comme des puces (autre forme de mutation des humains, leurs jambes étaient plus courte que la normale mais dégénérées par des muscles), mais leurs bonds ne dépassaient jamais la barre des 1 mètre.
Il était arrivé à ce qui semblait avoir été la place du village. En son centre se dressait une statue brisée dont on reconnaissait encore un cheval et les jambes ainsi que le tronc de son cavalier, vêtu à la façon du XVIIIe siècle. Il la traversa le plus vite possible, et fût heureux de voir qu’à l’autre extrémité se dressait un panneau rongé et troué par la rouille annonçant la sortie du village.
Tullian s’engagea enfin sur l’avenue lui permettant de sortir du village, mais à peine eût-il parcouru la moitié qu’un sinistre craquement se fit entendre.
« Comme par hasard… » maugréa-t-il.
Il dégaina son revolver et se retourna brusquement. Il n’y avait rien autour de lui, mais un autre craquement lui indiqua clairement qu’il n’était pas seul. Sachant qu’il ne servirait à rien de rester bêtement en plein milieu de l’avenue, il alla se plaquer contre un palier d’une vieille maison branlante.
Il entendait que ça approchait…
Un coup de feu se fit entendre. Tullian l’avait vu, mais ce n’était ni une goule, ni un zombie ou tout autre forme de vie mutante ; c’était un homme, armé d’un antique Mosin Nagant.
Tullian ne prit pas le temps de se demander où son adversaire avait pu dégoter un fusil de précision russe ; il avait tiré dès qu’il l’avait vu, mais n’était pas certain de l’avoir touché.
Le silence reprit sa place ; l’ouïe de Tullian s’accentuait de plus en plus, combien de temps s’était-il écoulé depuis qu’il avait tiré ? Une minute ? Trois ? Toute et aucune à la fois, dans un combat on perdait facilement la notion du temps, une minute ou même une dizaine de secondes pouvaient sembler être une éternité…
Enfin, il entendit un autre craquement. Le sniper s’était planqué dans la maison où Tullian s’était mit à couvert ; sans doute avait-il construit tout un réseau de voies de communication entre les habitations vides dans ce but-là.
Sans attendre, Tullian pénétra dans la maison. Les lattes de parquet étaient dans un état pitoyable, par endroit on apercevait carrément le sous-sol. Devant lui, se dressait un escalier branlant qui épousait la forme du mur auquel il était superposé.
Un énième craquement se fit entendre à l’étage du dessus, Tullian ne s’était pas trompé ; il s’approcha doucement vers l’escalier et profita d’un autre craquement pour armer le chien de son Single Action Army. Il monta jusqu’au premier palier, et par miracle aucune des marches ne grinça.
Il le voyait à présent ; l’homme scrutait à travers les fenêtres condamnées par des planches en bois rongées par les termites. Sans cérémonie, Tullian visa la nuque et fit feu. Quelques secondes plus tard, un geyser de sang jaillit de l’homme qui bascula vers la fenêtre, brisant les planches pourries et se défenestra. Tullian ressortit et s’approcha du corps, puis le fouilla, au cas où il trouverait quelque chose d’intéressant sur le cadavre.
Il dénicha des cartouches pour son revolver (ses autres armes de poings étaient hors d’usage depuis un bon moment déjà, c’était une des raisons qui l’avaient poussé à se rendre à l’Ouest), ainsi que des bandages et une gourde d’eau pleine. Tullian l’ouvrit et la sentit, elle ne dégageait aucune odeur particulière, mais il en versa quelques gouttes au sol pour s’assurer de sa pureté. Les gouttes étaient claires, son indicateur de radiation n’en décela aucune ; il referma la gourde et l’ajouta à sa ceinture. A présent plus rien ne le retenait ici ; il prit le fusil ainsi que les munitions qui allaient avec, il n’aimait pas les fusils de précision, mais il savait qu’il pourrait en tirer un bon prix une fois arrivé à destination.
Il reprit la route ; l’avenue se joignit bientôt à ce qui semblait avoir été une autoroute. Il la suivit tout le reste de la journée. Le soir venu, il découvrit un cratère de trois mètres de diamètre ; il regarda au fond mais ne vit rien, sans doute avait-il été causé par un simple obus. Il sauta à l’intérieur, sortit un sac de couchage élimé de son sac ainsi qu’une toile de cinq mètres carrés qu’il fixa à l’aide d’un marteau et de pic sur les bords du cratère, créant ainsi une tente rudimentaire. Il déplia son sac de couchage, et rentra à l’intérieur, son sac lui servant d’oreiller ; il gardait son revolver en main au cas où une visite importune viendrait interrompre son sommeil.
Fatigué comme il était, il s’endormit de suite malgré ses efforts pour résister à un sommeil profond ; par chance rien ni personne ne vint le déranger pendant la nuit.
La lueur malade du soleil le tira du sommeil vers les 8h00 le lendemain matin. Il cligna des yeux plusieurs fois avant d’être totalement éveillé, il se retira ensuite de son sac de couchage qu’il replia et remit dans son sac, suivi de la toile qui lui avait servie de toit. Il bu une gorgée d’eau avant de repartir, puis sortit du cratère.
Le ciel était le même que la veille, d’ailleurs il était le même pratiquement toute l’année, sauf durant les mois de juillet et d’août, où l’on avait droit à un magnifique ciel azuré, et en hiver, de décembre à mars, ou il prenait une teinte gris ciment et déversait d’énormes flocons semblables à de la cendre.
Tullian marcha encore une bonne partie de la journée sur cette autoroute qui lui semblait infinie ; il n’y avait rien à l’horizon, que ce soit celui qui était devant lui ou sur les côtés, même derrière lui il n’apercevait plus le village par lequel il était passé.
Enfin, en fin d’après midi, vers les 16h00, il vit une tâche sombre de découper devant lui, à deux ou trois kilomètres. Le soleil était d’un jaune vif épatant, rendant le ciel aussi rouge que s’il s’était mit lui-même à saigner. La chaleur était à son paroxysme, Tullian avait vidé sa troisième gourde et celle qu’il avait récupérée sur le corps était à moitié vide. Il fut immensément soulagé lorsqu’il atteignit l’entrée de la cité ; elle était constituée de deux grands miradors placés de part et d’autre d’un couloir faisant office de remparts faits de plusieurs couches de plaques de tôle ondulée, qui devait faire dans les cinq mètres de haut et qui encadraient toute la ville de façon grossière, formant une ouverture semblable à celle-ci à chacune de ses entrées. Les bâtiments étaient pour la plupart reconstruits, bien que les façades n’étaient pas recouvertes de crépi ; elles étaient encore brutes.
Deux hommes armés s’occupaient de laisser entrer ou sortir les flux ; ils laissèrent passer Tullian sans poser de question, la rumeur disant qu’une bande de mercenaire s’était installée étant peut-être vraie pouvait sans doute expliquer ceci.
Un panneau indiquait que la ville se nommait « West Hill »
 

_________________
Nous sommes une armée de rêveurs et pour cette raison nous sommes invincibles. Comment ne pas vaincre avec cette imagination qui emporte tout ?
Nous ne pouvons pas perdre !
Revenir en haut
MSN
Publicité






MessagePosté le: Mer 6 Mai - 17:11 (2009)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Site de fanfic Index du Forum -> Zone Libre -> Roman -> Histoire Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | créer un forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
Thème Pluminator imaginé et réalisé par Maëlstrom